Pour les lycéens, cette fin d’année scolaire est riche en déclarations qui, si certaines vont dans le bon sens, illustrent pour la plupart la place laissée à la jeunesse par le gouvernement Sarkozy. Le travail d’une commission sur les problématiques de jeunesse? Elle nous réserve son lot de mesurettes conjoncturelles et d’absence de la prise en compte des vraies questions.
Dans ce contexte, les doutes ne peuvent que perdurer quant à la prise en compte des éléments positifs des rapports sortis pour préparer la réforme du lycée. Nous sommes alors en droit de nous demander ce qu’ils envisagent pour le lycée du XXIème siècle ?
Tout d’abord, l’UNL tient à attirer l’attention sur les récentes mesures évoquées pour lutter contre la violence en milieu scolaire. Si l’UNL apprécie la pugnacité avec laquelle le Ministre et le Président de la République semblent vouloir lutter contre la violence dans les collèges et lycées, elle n’en reste pas moins alertée par ces mesures réactionnaires et dangereuses. Il est inacceptable de remplacer des milliers de postes d’enseignants, de surveillant et de personnels d’éducation par des équipes mobiles d’agents. Il est inconcevable de mettre en place des caméras ainsi que des agents de police pour répondre au malaise lycéen. La répression n’aura pour seul résultat que l’accentuation de la violence. Entre la compassion et la stigmatisation, la véritable solution réside dans l’éducation. En effet, les équipes pédagogiques doivent être capables de mettre en place un dialogue serein avec les élèves à la condition que celles-ci soient renforcées en terme de moyens et de formation. Une fois de plus, on ne pose pas les vraies questions : Quelles places pour les lycéens dans notre société ? Comment peuvent-ils s’exprimer ? C’est la réforme du lycée qui doit apporter les réponses, et non la fièvre électoraliste.
Si de rares points du rapport Apparu semblent positifs, tel le Service Publique d’Orientation, celui-ci ne répond en rien aux attentes des lycéens et ne fait qu’interférer dans le processus de négociations de la réforme.
Concernant le rapport sur la réforme du lycée constitué par Richard Descoings, l’UNL se félicite de voir qu’il reprend largement ses revendications notamment en ce qui concerne la question de la refonte de la pédagogie en modifiant les rythmes scolaires. L’UNL apprécie pleinement la place accordée à la Démocratie Lycéenne mais regrette le manque de propositions sur la place du lycéen dans la société.
L’UNL, malgré la satisfaction de voir la place accordée à l’orientation, observe le manque d’ambition sur ce sujet : un Service Publique d’Orientation est nécessaire afin de garantir une orientation choisie pour tous. De plus, l’UNL rappelle sa revendication d’un véritable statut lycéen apportant des droits nouveaux, concrétisés par une Carte Nationale de Lycéen.
M. Darcos a annoncé au CNVL une consultation des lycéens à la rentrée 2009 sur la base d’une réforme qui découlerait de ce rapport, nous l’attendons, et la souhaitons efficace. L’UNL partage ainsi l’idée selon laquelle « les choix qui sont fait seront aussi des choix de société » et réitère son appel à une véritable concertation regroupant les lycéens, les parents d’élèves, les enseignants et les personnels afin de mettre sur pied une réforme ambitieuse qui répondra aux attentes et aux besoins de la communauté éducative.
Les élus UNL au CSE
Clémence Abry-Durand, Habib Bekhti, Arsène Ruhlmann



